LE SECOND MONDE / TOME 1 : Transformation / Chapitre 1 (1)

LE SECOND MONDE / TOME 1 : Transformation / Chapitre 1 (1)
Résumé : Notre monde n'est pas unique. Il en existe un deuxième, Meridis, un royaume maudit mais bien assez caché pour que notre monde l'ignore, y compris Marie Smith, une jeune adolescente rebelle et éprise de liberté. Jusqu'au jour où elle croise l'étrange William Spencer aux yeux marron... ou jaune ? Elle va alors découvrir des secrets incroyables et se lancer malgré elle dans une aventure que même ses rêves les plus fous n'auraient su imaginer...

Personnages principaux (pour le moment) :

Marie Smith
William Spencer
Flaudor Spencer
Jeremy Mc Flown



Attention : Pour ceux qui lisent l'histoire, merci de laisser au moins 1 com par article, pour me prouver que vous lisez bel et bien l'histoire !


Je suis désolée mais c'est par expérience que je fais ça !


Merci de votre compréhension et bonne lecture !





« - Pourquoi tu te rapproches comme ça ? Demanda Marie, à la fois inquiète et envoûtée par le bel ange qui se penchait vers elle délicatement.
- Je ne sais pas, mon corps ne m'obéit plus. Murmura « bel ange », en tendant ses lèvres vers celles de la jeune fille, paralysée par un sentiment étrangement délicieux. Tu as peur ?
- Bizarrement, non.
- Moi oui. Je ne sais pas ce qu'il m'arrive. Répondit « bel ange », un sourire au coin des lèvres, n'ayant franchement pas l'air d'avoir peur selon Marie, qui le laissa quand même faire. »
Il se pencha, de plus en plus. Marie, impatiente, fit de même, espérant ainsi que ça irait plus vite. Mais un bruit affreux la fit sursauter. Elle finit par toucher le vide et l'image de « bel ange » se brouilla et disparut pour laisser place au décor de la minable chambre dans laquelle les parents de Marie l'avaient laissé s'y être installée.
« - Un jour j'exploserai ce réveil ! Jura Marie en serrant les dents, avant de jeter les draps loin d'elle, pour ne plus se souvenir de ce rêve trop doux, et de se lever en grommelant. »
Elle s'accouda à la fenêtre, priant bêtement que le ciel veuille bien s'assombrir et donner de la neige, histoire de ne pas suivre son idiote de famille dans son habituelle promenade du dimanche en forêt. Mais le soleil resta à sa place, refusant de se cacher derrière les nuages pour le bon plaisir de la jeune fille. Celle-ci grogna, mécontente de penser qu'elle devrait sortir avec sa famille adoptive, laquelle ne la portait pas dans son c½ur. Marie le savait bien. Leurs regards froids, ou justement l'absence de regard posé sur l'adolescente, trahissaient trop facilement leur peu d'intérêt pour elle. Il n'y avait que Paul, son idiot de beau-père, et Jean, son beau-frère de douze ans, mais elle sentait comme une armée s'apprêtant chaque jour à lancer l'offensive contre elle, même si ces derniers tentèrent encore de faire des efforts pour l'accepter. Paul était le frère cadet du vrai père de Marie, disparut un jour sans rien expliquer à qui que se soit la raison de l'abandon de sa fille dans cette famille. Chaque soir Marie y repensait, cherchait une excuse valable de ce geste mais rien n'y fit, Marie ne comprenait pas et en venait toujours à la même réaction. Elle maudissait son père et interrogeait sa mère, morte à sa naissance, à savoir pourquoi elle l'avait épousé. Soupir profond. Elle pensait à son prochain anniversaire, ses dix-huit ans qui approchaient trop lentement et se dit que le temps jouait contre elle lui aussi. Elle ouvrit la fenêtre, respira l'air glacial du dehors et espéra ainsi tomber malade, qui lui parut être alors une très bonne excuse pour ne pas s'approcher de sa famille. Elle tira un profond soupir. Aucun malaise ne lui vint. Son téléphone vibra cependant, comme si quelqu'un avait entendu ses prières.
« - Jeremy...Murmura Marie en s'adoucissant peu à peu. »
Jeremy était son meilleur ami depuis son arrivée dans sa famille. Il était d'ailleurs son seul ami... Les autres n'étaient rien que des nuls, des idiots qui ne savaient pas parler d'autre chose que de sexe ou de voiture. Elle, elle parlait de liberté, d'évasion folle mais terriblement belle. Elle pensait à lui, qui l'écoutait, qui la comprenait et qui rêvait avec elle. Il était son meilleur ami, son frère, son confident, la dernière branche à laquelle elle se raccrochait pour ne pas tomber dans la fosse remplis des lions du monde, noyé sous le béton. Revenant sur terre, elle décrocha, heureuse d'entendre enfin la voix de son ami qu'elle n'avait pas réentendu depuis le début des vacances.
- Salut Jeremy ! Contente de savoir que tu sois rentré ! S'exclama Marie, soulagée de savoir que Jeremy allait peut être la sauver de sa « prison familiale ».
- Comment tu sais que je suis rentré ? Rigola la voix du garçon.
- Bah, si tu m'appelles c'est que tu es rentré, non ?
- Si, en effet. Admit-t-il. Sinon comment se sont passées tes vacances ?
- Devine... Grommela Marie.
- Ok, j'ai compris. Tu veux que je passe ?
- Oui ! S'exclama Marie, pressée de quitter cette maison qui la rendait folle et de retrouver son ami.
- Ok, je suis là dans dix minutes.
- Ah, tu prends ton scooter ?
- Oui, j'ai envide de te faire connaître les sensations ! Ricana-t-il. A tout de suite donc !
- Oui ! »
Jeremy rit une dernière fois et raccrocha. Marie se dépêcha de se préparer, assez chaudement car sur une moto le vent peut être glacial, et se précipita à la fenêtre, espérant voir apparaître très vite son ami. Son c½ur bondissait déjà. Quelle folie pourra-t-elle alors lâcher dehors, à l'air libre ! L'air libre... Libre... Marie se dit alors que son ami mettait trop de temps à arriver.


Si ce n'est pas en rapport avec l'article, ne plus mettre de com sur cet article svp car je les supprimerai sinon !


Merci beaucoup ! ^^ Bises !


# Posté le dimanche 25 janvier 2009 08:58

Modifié le vendredi 10 juillet 2009 17:34

Chapitre 1 (2)

Chapitre 1 (2)
Elle gémit, fit les cents pas et se décida finalement à descendre devant la maison, trop impatiente de sortir pour rester enfermée dans cette...chambre. Puis il arriva, son beau blond à la queue de cheval et son sourire ravageur qui faisait toujours tombé plus d'une fille autour de lui. A son bras se balançait un casque noir, sans doute prévu pour Marie. Mais celle-ci soupira en l'apercevant, déçue.
- Ben quoi ? S'étonna Jeremy.
- Tu sais bien que je n'aime pas mettre des casques. Ca m'empêche de sentir le vent dans mes cheveux...
- Il vaut mieux ça que de perdre ta jolie frimousse, tu ne crois pas ? Rigola-t-il en lui tendant le casque.
- Ca dépend...
- Tu t'ai sentie si mal que cela en mon absence ? S'esclaffa le garçon.
- Tu n'as pas idée...Souffla Marie, enfin soulagée. Bon, on y va ou on reste là comme des piquets ?
- On y va, on y va. Monte...avec ton casque.
- Idiot va !
- Je sais ! Ricana Jeremy en démarrant sa machine.
Marie s'installa derrière son ami, s'agrippant fermement à lui. Ce dernier soupira de plaisir.
- Sentir ton corps m'a manqué...
- Alors nous sommes deux. Murmura Marie à l'oreille du jeune blond effronté.
Puis les adolescents s'échappèrent des cris soudains du père en colère. Marie ria et se laissa portée par le vent de la liberté. Elle revivait, après tout ce temps mort. Le paysage défilait enfin devant ses yeux grands ouverts pour ne rien manquer de sa délivrance provisoire. Les arbres lui sourirent et l'air l'embrassait, elle était heureuse. Pourtant, Marie se rendit compte qu'elle ne connaissait pas l'endroit où ils étaient ni même depuis combien de temps ils roulaient.
- Dis-moi, tu m'emmènes où comme ça ?
- Je dois passer chez un copain. Je suis désolé, j'ai oublié de te prévenir.
- Oui, je vois ça. Rétorqua la jeune fille.
- Ne t'inquiète pas, je ne serai pas long. Ricana Jeremy sans quitter la route des yeux.
Ils arrivaient dans un village pauvre et désert. Pour Marie, ce n'était rien d'autre qu'une ville fantôme sans intérêt. Jeremy la toisa doucement et tourna sur la gauche, prenant un sentier menant en pleine forêt. Ils roulèrent encore quelques minutes quand ils arrivèrent enfin devant une immense maison, non entretenue depuis un moment.
- C'est là qu'il habite ton copain ?
- Oui, pourquoi ?
- Je trouve l'endroit déprimant...
- Heureusement que je suis là pour y remédier ! Ricana le jeune blond en descendant de sa machine. Tu veux venir avec moi ?
- Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée...Grimaça Marie plus apeurée que dégoûtée par l'état misérable de la sinistre demeure.
- Eh, ce n'est pas une maison hantée ! Pouffa Jeremy. Allez, reste près de moi si tu veux.
- D'accord...même s'il me semble que c'est une très mauvais idée.
Les adolescents marchèrent côte à côte jusqu'au pavillon de la maison. Jeremy frappa à la porte, prête à tomber au moindre coup donné, tandis que Marie se forçait à croire son ami et à résister à la panique. Ils patientèrent cinq minutes, puis dix, jusqu'à ce que Marie se fâche.
- Il est sourd en plus de cela ? Grogna-t-elle, ayant senti un violent courant froid lui parcourir tout le corps.
Au même moment, la porte s'ouvrit. Un garçon apparut, à moitié caché par la porte. Les cheveux bruns courts et en bataille, le regard étrangement vide mais d'un marron particulièrement attirant selon l'adolescente, le garçon semblait endormi, réveillé d'un sommeil profond. Il grogna même, d'une façon animale selon Marie qui se demandait s'il était normal.
- Salut ! Fit Jeremy, plus que souriant. Tu as l'air crevé ma parole !
Le garçon ne répondit pas. Il avait remarqué la présence de la jeune fille, qu'il observa attentivement de haut en bas. Puis il daigna enfin regarder son ami en lui demandant d'un regard ce que la jeune fille fichait ici.
- C'est une amie. Expliqua Jeremy en tirant Marie vers lui, toujours souriant. Ca ne te gêne pas j'espère ?
- Je m'en fiche. Lâcha l'étrange garçon. Que veux-tu ?
- Je suis venu t'apporter une lettre.
- Une lettre ? Fit le garçon sans être surpris.
- Oui, une erreur du facteur j'imagine. Plaisanta le blond, espérant détendre son ami. Tiens la voilà.
Il fouilla dans sa poche, puis dans son sac, jurant l'avoir prit avant de partir. Pendant ce temps, Marie ne put s'empêcher de contempler l'ami de son jeune blond. Il paraissait absent, dans un autre monde. Mais quand il tourna ses yeux vers elle, la jeune fille sursauta de peur. Ses yeux étaient d'un jaune profond, ressemblant étrangement à ceux d'un félin sauvage. « Mais c'est qui ce type ? »

# Posté le mercredi 28 janvier 2009 13:09

Modifié le mercredi 01 avril 2009 08:01

Chapitre 1 (3)

Chapitre 1 (3)
- Ah, c'est vrai que je ne vous ai pas présenté... Fit Jeremy en se mordillant les lèvres tout en tendant la fameuse lettre à son ami, gêné par son manque de politesse. Bah Marie voilà mon meilleur ami William, William voilà ma meilleure amie Marie !
« William ? C'est pas courant comme prénom... »
- Super comme présentation... Se moqua Marie avec le pouce levé, remarquant alors un léger sourire de la part de William. Enfin bon, maintenant que tu as joué les facteurs, peut-on y allé ? Fit-elle, mal à l'aise devant ce dernier.
- Oui, bien sûr. Répondit Jeremy, avant de s'adresser à son ami. Tu veux venir avec nous ?
- Où ça ?
- Bah nous promener dans la forêt...
- Non merci. Trancha William. C'est trop humide pour moi.
- Chochotte ! Pouffa Jeremy avant de reprendre Marie par les épaules et de l'entraîner vers le scooter.
Celle-ci jeta une dernier coup d'½il à William et remarqua que ses yeux étaient redevenus marron. « Peut être n'était-ce que mon imagination... Pourtant... » Ce dernier lui renvoya son regard, haussa les épaules et ferma la porte.
- Bizarre ton copain...
- Aujourd'hui je trouve que oui. Il n'est pas comme ça d'habitude. En général il est plus détendu et plus communicatif.
- Ah ? C'était pour moi alors cette « exception » ?
- Faut croire. Ria Jeremy. Mais ne t'en fais pas, ça va lui passer.
- Parce que tu comptes me le présenter à nouveau ? S'indigna Marie, pas franchement ravie de devoir le revoir.
- Ben oui, pourquoi pas ?
- Non rien. C'est juste qu'il y a quelque chose en lui que je trouve... déstabilisant et même dérangeant je dirai...
- Ah bon ? Et c'est quoi ?
- Euh...non, rien. Laisse, c'est un truc de fille, tu pourrais pas comprendre. Mentit Marie.
Sur ce Jeremy renonça à aborder le sujet. Le truc des filles, il n'aimait pas ça. En réalité, Marie songeait aux yeux de William. A part avec des lentilles, personne ne pouvait changer de couleur de cette manière. Or, comment aurait-il fait pour mettre des lentilles sans que personne ne s'en aperçoive ? Marie trancha rapidement sa question. Pour elle, c'était impossible. Mais en parler avec Jeremy, bien qu'il fusse son unique et meilleur confident, l'aurai fait passer pour une folle paranoïaque. Alors elle le laissa la promener longtemps, au milieu de nul part, les branches craquant désagréablement sous ses pieds et ses vêtements s'accrochant aux nombreuses ronces qui se présentaient tout le long de leur « expédition. »
- Tu cherches à me tuer ou quoi ? Gronda-t-elle au bout d'un moment.
- Non, juste à te faire découvrir la beauté de la nature. Ricana son ami. Mais si tu veux on peut rebrousser chemin.
- Si ce n'est pas trop demander, oui. Je préfère rester sur le sentier pour le moment, le temps n'est pas très encourageant.
- C'est vrai, retournons au scooter. Je te ramène chez toi.
- Pas question ! Protesta l'adolescente en s'arrêtant net, fusillant son ami du regard.
- Tu veux aller où alors ? Regarde, il pleut déjà. Il faut vite se mettre à l'abri car...
Un tonnerre assourdissant retentit alors et Marie sursauta.
- Car malheureusement l'orage arrive très vite en ce moment... Ajouta Jeremy en soupirant. Bon, il ne reste plus qu'à rejoindre William.
- Pardon ?
- Je suis désolé mais c'est l'endroit le plus proche si l'on veut s'abriter le plus vite possible.
- Si tu es désolé alors pourquoi est-ce que tu souris ? Grogna Marie en croisant ses bras sur la poitrine, mécontente de reconnaître qu'il avait marqué un point.
- Parce que je sens que ça va être marrant ! Ria Jeremy en commençant à rejoindre la vieille demeure. Promis, je reste collé à toi !
Et ils firent demi-tour, tentant de courir en évitant la boue et branches qui gênaient le passage.
Le temps du trajet parut si long que Marie se demanda jusqu'où Jeremy avait compté l'entraîner dans la forêt, mais elle reconnut le toit délabré de la vielle maison et soupira, à la fois de soulagement et d'angoisse à revoir William.

# Posté le jeudi 29 janvier 2009 10:28

Modifié le jeudi 29 janvier 2009 12:14

Chapitre 1 (4)

Chapitre 1 (4)
Les deux adolescents se trouvèrent à nouveau devant la porte de ce dernier et ils durent une fois de plus attendre, frigorifiés par la pluie mélangée au vent, un certain temps avant celui-ci daigne ouvrir la porte. Celui-ci ne parut pas surpris à les retrouver devant chez lui. Il parut... endormi, voire peut être indifférent se dit Marie en serrant les dents, glacée jusqu'aux os. Il les invita cependant à entrer, laissant l'adolescente et son ami passer en premiers, sans pourtant émettre le moindre son. Bizarrement, le décor de l'intérieur ne ressemblait en rien avec l'extérieur. Rien que le hall d'entrée paraissait immense et somptueux, parfaitement lumineux grâce aux éclairages employés. Il n'y avait ni saleté, ni toile d'araignée auxquelles s'étaient pourtant attendues Marie. En entrant, elle avait tout de suite remarqué l'incroyable escalier en marbre qui prenait le plus de place dans l'entrée. Ses yeux firent rapidement le tour de la pièce et constata la présence de tableaux, statuettes et autres décorations prestigieuses. « Où sommes-nous au juste ? Dans un château ? » En vrai gentleman, ce qui choqua immédiatement l'adolescente qui ne s'était pas préparée à cela, William lui proposa de la dévêtir de son manteau trempé. Marie hésita et refusa, préférant le garder à la moindre occasion qui lui permettrait de s'en aller. Ce dernier ne broncha pas et fit de même avec son ami qui, lui, accepta, heureux d'être là.
- Vous avez soifs ? Demanda l'étrange hôte en prenant bien soin de ne regarder que le jeune blond, plus enclin à accepter ses politesses.
- Pourquoi pas ? S'exclama ce dernier. Tu proposes quoi ? Pas du champagne j'espère ?
- Jeremy, c'est loin d'être drôle... Soupira Marie, comprenant que lui aussi se sentait comme un invité important dans un château. Tu...vous...euh...vous auriez de l'eau ? Demanda-t-elle timidement à William.
- « Tu », c'est mieux. Rectifia William, parfaitement calme, mais toujours aussi mou selon la jeune fille, gênée. Et oui, j'ai de l'eau. Pareil pour toi Jeremy ?
- Ouais, t'embête pas !
- Bien. Allez vous installer dans le salon à droite en m'attendant. Fit-il d'un geste en direction d'une autre salle royalement éclairée avant de s'en aller vers la cuisine d'une démarche que Marie trouvait gracieuse.
Marie et Jeremy s'exécutèrent, en prenant bien soin de ne pas rire à la vue d'un tel endroit impressionnant. Jeremy profita de l'occasion pour laisser Marie passer en première dans le fameux salon, d'une manière qui se rapprochait plus de la moquerie que de la dignité. Marie étouffa son rire et s'assit sur le fauteuil le plus proche de la sortie et examina la nouvelle pièce. « Décidément, rien ne correspond à la vision que l'on a de dehors... »
- Alors princesse, qu'en penses-tu ?
- Pardon ? S'étrangla Marie, choquée. Tu m'as appelée « princesse » ?
- Bah oui, c'est le lieu idéal, non ? Plaisanta l'adolescent en désignant de la main le salon et l'entrée.
- Euh, je te rappelle que nous nous trouvons chez ton ami. Je ne trouve pas ça très sympa de te moquer de sa maison.
- Pourtant, tu te souviens de ce que tu as dis en la voyant pour la première fois ? Répliqua Jeremy, comme s'il s'agissait d'un simple jeu, à savoir celui qui sortirait la meilleure réplique pour briser l'autre.
- Ce n'est pas pareil... Ronchonna Marie, honteuse.
- J'ai gagné ! Fit Jeremy en explosant de rire et en se tapant sur la cuisse.
- Gagné quoi ? Demanda une voix.
Marie se retourna et vit William, un plateau d'argent entre les mains sur lequel se trouvait une bouteille d'eau minérale et quatre verres en cristaux.
- Et bien, on peut dire que tu n'y va pas dans la dentelle ! S'exclama Jeremy, hilare. Mais dis-moi, pourquoi quatre verres ?
- Toi, ton amie, moi et mon père.
- Ah ok. Il est là ?
- Il ne va pas tarder.
- Il fait quoi dans la vie ? S'enquit de demander Marie, pour paraître moins inhumaine par son écart envers lui.
- Il est proviseur dans le lycée de Falks. Répondit-il sans pour autant poser un regard sur elle.
- C'est marrant, c'est là que nous allons moi et Marie ! S'exclama Jeremy.
- Tout comme moi. Ajouta William, toujours aussi rigide, presque sans émotion. J'imagine que nous aurons donc souvent l'occasion de nous croiser. Fit-il cette fois-ci en regardant l'adolescente, ne comprenant pas son attitude.
Mal à l'aise, Marie détourna son regard vers la fenêtre et soupira en constatant que l'orage se transformait peu à peu en tempête.
- Tu es sûr que ton père va survivre à ce temps ? Interrogea-t-elle son hôte, qui ne s'empêcha pas de laisser un rire moqueur s'échapper du fond de sa gorge.
- Il est plus résistant qu'il en a l'air, ne t'en fais pas pour lui.
- Si tu le dis...Murmura-t-elle, peu convaincue, reportant son regard vers la fenêtre.
« Combien d'hommes sont parvenus à survivre à de telles bourrasques ? »
Puis une voix résonna dans sa tête. « Beaucoup plus que tu le penses ». Marie trembla. Etait-ce son esprit qui défaillait ou quelqu'un venait de lui répondre ? A moins qu'elle avait parlé à voix haute sans s'en rendre compte et que l'un des garçons lui avait répondu... Elle se tourna donc vers William et Jeremy. Ils étaient entre eux, en pleine conversation.

# Posté le jeudi 29 janvier 2009 11:51

Modifié le dimanche 05 avril 2009 05:32

Chapitre 1 (5)

Chapitre 1 (5)
Elle fit comme si elle n'avait rien entendu, persuadée pourtant d'avoir perçue une voix masculine lui parler, et retourna à sa fenêtre. Les gouttes tombant comme des dératées sur la vitre créèrent une barrière qui l'empêcha de distinguer l'ombre s'approcher doucement de la maison mais elle devina qu'il s'agissait du maître de la maison. Elle se détendit et sourit. William avait raison. La porte d'entrée s'ouvrit et un homme, grand et mince, d'un blond incroyable aux yeux bleus, pénétra dans le salon, aussi souriant que le fut Jeremy en l'apercevant. L'homme tenait une position droite, très digne et son regard semblait à la fois dur et tendre.
- Bonjour monsieur Spencer ! S'exclama-t-il en se levant, prêt à se mettre au garde à vue.
« Brave petit. »
- Jeremy, je préfère que tu m'appelles pas mon prénom, tu le sais bien. Ria l'homme, presque en soupirant.
- Désolé...Flaudor.
« Flaudor ? C'est un prénom ça ? » Marie garda le silence en apercevant William qui la regardait d'un air sévère. L'homme tourna son regard vers Marie, qui se tendit. Il parut amusé et intéressé, comme si elle fut pour lui une originalité de la nature.
- Bonjour, tu dois être Marie, je ne me trompe pas ?
Marie le contempla quelques secondes, incrédule. « Comment connaît-il mon nom celui là ? »
- Ton ami nous a beaucoup parlé de toi. Expliqua-t-il en se tournant vers Jeremy, à la fois fier et honteux de lui. En bien, il en va de soi. Ajouta-t-il en souriant, ses dents magnifiquement blanches dépassant.
« Je vais le tuer quand même... » Marie tourna par mauvais réflexe sa tête vers William, qui esquissa un sourire tout en admirant ses pieds, sans doute pour cacher son envie de rire que Marie n'en déchiffra pas la raison. Puis Flaudor- « Il faudra que je vérifie si c'est bien un prénom »- s'avança et prit la parole, posant une main sur l'une des épaules de Jeremy et Marie.
- Vous resterez bien pour le dîner, n'est-ce pas ?
- Je ne crois pas, je...
- Bien sûr que oui ! S'enthousiasma Jeremy en donnant un coup de coude à son amie, histoire de la faire taire.
- Jeremy, non ! Gronda-t-elle en le tirant à l'écart. Tu oublies mon père ! Déjà qu'il doit être furax que je sois partie avec toi sans son accord, alors imagine un repas chez des gens que je ne connais pas...
- Si tu le souhaites, je peux appeler ton père Marie. Proposa Flaudor en posant de nouveau une main sur son épaule, son sourire rassurant. Mais seulement si tu le souhaites bien sûr.
- Non, merci, ça ira. Je dois vraiment rentrer.
- Tu n'es vraiment pas courageuse... Murmura Jeremy à l'oreille de la jeune fille, déçu.
- Laisse-moi. Répliqua-t-elle, l'éloignant à nouveau de leurs hôtes. Tu n'auras qu'à me ramener, après tu feras ce que tu voudras.
- Tu as vu le temps ? Comment comptes-tu rentrer ?
- Et bien j'irai à pied !
- Tu es folle.
- C'est en restant ici, alors que mon père est très certainement fou de rage, que je suis folle !
- Allons, allons... Fit Flaudor en s'interposant entre les adolescents. Je vais résoudre le problème en appelant ton père Marie. Avec le temps, il sera obligé de comprendre qu'il vaut mieux te garder avec nous en sécurité, tu ne crois pas.
- Si, sûrement...Répondit Marie en s'adoucissant.
L'homme quitta la pièce, satisfait de lui. Marie, partagée entre la peur de son père et le regret de ne pouvoir profiter de sa liberté, retourna s'asseoir sur son fauteuil, à contempler la pluie tomber misérablement sur la maison. Jeremy soupira et vint s'agenouiller auprès d'elle.
- Ne t'inquiète pas, Flaudor s'occupe de tout. C'est un homme...extraordinaire et le mot est faible, tu peux me croire.
- Ouais, ouais...
- Bon, moi je vais chercher mon scooter, voir si je peux le démarrer et le mettre à l'abri lui aussi. Sur ce Jeremy prit sa veste à l'entrée, regarda une dernière fois son amie d'un air désolé et partit affronter la pluie ravageuse. « Dire que ça devait juste être une promenade... » Quelqu'un toussa alors un coup et Flaudor et Jeremy étant partis, Marie se rendit compte qu'il ne restait plus que William. « Génial... » Il se posa en soupirant sur le fauteuil d'en face et se mit à regarder tout autour de lui, malgré quelques coups d'½il vers Marie. De toute évidence, il cherchait à communiquer.
- Sale temps, hein ? Finit-il par lâcher en s'efforçant de sourire.
- Ouais, très embêtant je dirai.
« Mais à quoi il joue ? »
Il se mordit les lèvres et baissa la tête. Il regarda à son tour par la fenêtre et paraissait nostalgique. « J'aimerai bien savoir à quoi il pense... » Il sourit et reposa ses yeux marron sur l'adolescente, qui tressaillis par ces derniers. Il se pencha en avant et ses lèvres bougèrent légèrement, hésitantes à laisser les mots venir.
- Tu veux savoir à quoi je pense ?
Marie se pencha à son tour, comme si elle s'apprêtait à entendre un secret, ravie qu'il pose la question.
« Oui ! »
- A ce point là ? Ria-t-il.
Marie recula, ébahie.
« Que... que se passe-t-il ? Pourquoi j'ai l'impression qu'il devine mes pensées ? »
« Je ne les devine pas » Reprit la voix masculine de tout à l'heure. Marie parut horrifiée. William, quant à lui, montrait un large sourire. « Bon sang ! Mais c'est qui ce mec ? » Il se rapprocha encore et encore, toujours souriant.
- Je dois t'avouer un truc. Reprit-il, de plus en plus proche de l'adolescente. Un truc important même...
- Ah ? Et c'est quoi ce « truc important » ?
- Je...

# Posté le jeudi 29 janvier 2009 16:05

Modifié le samedi 07 mars 2009 10:08